APPUI A LA RÉSILIENCE ÉCOLOGIQUE ET AU DÉVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE A LA PÉRIPHÉRIE DE LA RÉSERVE DE BIOSPHÈRE DU DJA

Si l’intérieur de la Réserve de Biosphère du Dja (RBD), site du patrimoine mondial de l’UNESCO actuellement sous très forte pression[1] n’est pas habitée, une population de plus en plus importante gravite donc autour de cette dernière et accentue les menaces pesant sur ce site.

La population originelle du Dja, composée de 6 groupes ethniques dont 4 sédentaires (Djem, Badjoué, Bulu, Fang) et deux semi nomades (Baka et Kaka) est actuellement estimée à environ 40.000 habitants, inégalement répartis autour du Dja, alternant ainsi des zones de grandes concentrations et des zones faiblement peuplées. De par la dynamique économique en cours, une forte poussée démographique accompagne le développement de l’exploitation forestière et minière, des agro-industries (SUD CAM) et la construction du barrage hydro-électrique de Mekin et bien qu’historiquement, les populations autochtones du Dja pratiquent l’agriculture, la collecte des PFNL et la chasse villageoise, ce n’est pas forcément le cas de ces dernières, avec des conséquences diverses en matière de dynamiques socio-économiques et de caractéristiques des prélèvements et des pressions sur l’AP.

Depuis 2010, en réponse à ce phénomène, Tropical Forest and Rural Development (TF-RD) travaille avec les communautés vivant dans la partie nord de la réserve sur une dynamique endogène reposant sur le développement d’agro-forêts à base de cacao enrichies en bananiers plantains et autres arbres locaux. Celle-ci suit une approche basée sur les notions de « paysage » et d’aménagement du territoire et vise à valoriser durablement le terroir villageois, tout en impliquant dans celle-ci l’ensemble des parties prenantes, particulièrement les femmes.

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Grace à l’accompagnement de TF-RD, et avec l’appui financier du PPI-FFEM, 140 ha d’agro-forêts ont été développées sur de vielles jachères, permettant ainsi une ‘‘déforestation évitée’’ de 140 ha de forêts qui auraient servi à la mise en place de ces agro-forêts si l’approche n’avait pas été soutenue et prouvant ainsi que la lutte contre le changement climatique peut passer par d’autres moyens que les approches incitatives formellement classées dans la catégorie « REDD + ».

La diversification des cultures, via une association du cacaoyer, bananier plantain, macabo, et d’autres arbres locaux au sein des agro-forets s’est révélée être un facteur important de lutte contre l’assèchement des feuilles de cacaoyer au cours de la saison sèche, démontrant également que cette approche constitue un moyen efficace d’adaptation aux effets du changement climatique.

Les cacaoculteurs sont désormais regroupés au sein d’une coopérative et ¼ d’entre eux sont  d’ores et déjà impliqués dans une démarche de qualité via la recherche d’une certification respectant les critères de Rainforest Alliance.

Les gains économiques pour les cacaoculteurs ne sont pas négligeables et ont été renforcés en moyenne de 600 Euros par hectare par an grâce à  la vente complémentaire des sous-produits intégrés au sein des systèmes cacaoyers.

Grace à l’accompagnement de TF-RD avec l’appui financier de Man and Nature et du PPI-FFEM, la valorisation des PFNL par les groupes de femmes a été améliorée du point de vue de la qualité, de la quantité et des prix de vente des huiles et d’autres sous-produits. L’objectif n’est plus uniquement de travailler à l’échelle de la production mais bien de l’ensemble de la chaine de valeur, afin de maximiser la plus-value et la redistribuer autant que possible localement.

Conformément au tableau ci-dessous, les quantités d’huile pressées avec l’appui de TF-RD ont augmentées de 60% et les prix à la vente de 33% comparativement à ce qui se fait traditionnellement dans les villages.

[1] Voir à ce sujet le rapport de mission du suivi réactif de l’UNESCO en décembre 2015 : http://whc.unesco.org/fr/documents/141993

Quantité (Kg)
Amande de Moabi
Méthode de préparationQualitéTemps (Heure)Huile (Kg) Prix unitaire (FCFA/Kg)
10 Traditionnelle par les femmes dans les villages Hygiène pas bien respecté. Propriétés presque brûlées > 4 2,5-3 3000
10 Par presse moderne avec l’appui de TF-RD Hygiène respecté. Propriétés presque intactes 1 :30 4,5-5 9 000

Plus d’informations, contactez Epanda aime epandaa@yahoo.fr